Prenez l’autoroute A6 depuis Limassol. Le trajet direct dure 45 minutes si vous évitez les bouchons du rond-point de Polemidia vers 8h30. La mer vous accompagne sur la gauche pendant presque tout le parcours. Et puis vous arrivez à Paphos. Oubliez les brochures touristiques qui vous parlent de mythes antiques à chaque croisement. La réalité est beaucoup plus contrastée. Vous avez d’un côté des ruines antiques posées au bord de l’eau, et de l’autre une station balnéaire massivement développée pour les vacanciers britanniques.
Les mosaïques de Kato Paphos
L’entrée du parc archéologique principal coûte 4,50 €. Prévoyez une grande bouteille d’eau. Il n’y a pratiquement aucune zone d’ombre entre les différentes fondations romaines et la chaleur devient écrasante dès la fin du mois de mai. Les mosaïques de la Maison de Dionysos justifient largement l’arrêt. Elles sont immenses et protégées par des passerelles en bois qui grincent un peu sous les pieds. Un peu plus loin sur la côte, les Tombeaux des Rois exigent un autre billet d’entrée à 2,50 €. Cette nécropole souterraine a été creusée directement dans la roche calcaire. L’acoustique y est étrangement étouffée quand on descend les dernières marches vers les caveaux.
Le fort et les terrasses du port
La promenade pavée le long de la marina est agréable jusqu’à ce que les rabatteurs des restaurants de fruits de mer commencent à vous interpeller avec insistance. Continuez à marcher. Le fort byzantin carré au bout de la jetée marque la fin du chemin piéton. Vous pouvez payer pour monter sur le toit et regarder les bateaux d’excursion. Mais le vrai intérêt du port est de s’asseoir avec un freddo espresso glacé à 3 euros dans un des cafés en retrait. Regarder les chalutiers manœuvrer s’avère souvent plus divertissant que la visite du château lui-même, qui se boucle en dix minutes chrono.
Ktima, la ville en hauteur
La majorité des visiteurs ne quittent jamais le front de mer. Pourtant le centre urbain actuel se trouve sur la colline. J’aime bien le contraste brutal entre l’agitation touristique du port et ces quartiers résidentiels. Les rues y sont étroites et le stationnement relève du défi près de la mairie. Vous y trouverez le marché couvert et plusieurs boulangeries de quartier qui vendent des pitas au fromage bien moins chères qu’en bas. Le musée archéologique régional se situe aussi dans cette zone. Il expose les petits objets du quotidien trouvés dans les tombes côtières.
Détails pratiques pour le trajet
Conduire reste la solution la plus simple pour cette excursion. Le parking municipal en terre battue près du port de Kato Paphos est immense mais il se remplit complètement le dimanche après-midi quand les familles chypriotes viennent s’y garer pour aller manger et que les places le long du grillage disparaissent en premier. Les bus climatisés de la compagnie Intercity font aussi le trajet depuis le front de mer de Limassol. Le ticket aller simple est à 4 euros. Prévoyez juste un pull léger à l’intérieur car les chauffeurs poussent la ventilation au maximum.
Sur le chemin du retour, la sortie pour Petra tou Romiou est clairement indiquée sur l’autoroute. Garez-vous sur le parking du kiosque et prenez le passage souterrain piéton très sombre sous la route. La plage de gros galets est souvent bondée de monde qui attend le coucher du soleil. L’eau y est nettement plus froide que sur le reste de la côte à cause des courants locaux.
