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Ayia Napa : Le vieux monastère, les plages et les nuits chypriotes

Vous atterrissez à Larnaca et prenez l’autoroute vers l’est. Quarante-cinq minutes plus tard, le paysage très sec laisse place aux grands hôtels d’Ayia Napa. Tout le monde connaît la réputation de la ville pour ses immenses fêtes estivales. C’est vrai. Les clubs tournent à plein régime en juillet et août. Mais la ville possède une géographie complexe où des monuments médiévaux totalement silencieux côtoient le trafic routier et des baies calcaires très isolées.

Le monastère au milieu du bruit

Vous trouverez beaucoup d’agitation urbaine autour de la place Seferis. Juste là, en contrebas du niveau de la rue, un complexe en pierre blonde du XVe siècle tient bon. Le monastère d’Ayia Napa a été construit autour d’une grotte où quelqu’un a un jour trouvé une icône de la Vierge. L’entrée est gratuite. Un vieux sycomore massif fait de l’ombre dans la cour pavée. Les habitants racontent que la ville moderne a commencé exactement ici quand des réfugiés grecs ont monté leurs tentes près des murs à la fin des années 1700 pour fuir une épidémie. C’est une histoire assez sombre pour un endroit qui vend aujourd’hui des cocktails fluo à quelques dizaines de mètres de là.

Le sable blanc et les criques

Nissi Beach attire presque toute l’attention sur les réseaux sociaux. Le sable y est très clair et l’eau descend doucement sur une longue distance. Vous pouvez marcher dans la mer jusqu’à un petit îlot rocheux. En haute saison, la musique des bars de plage couvre complètement le bruit des vagues. Donc si vous voulez simplement dormir au soleil, il faut s’éloigner un peu. Makronissos Beach à l’ouest est beaucoup plus calme et les familles chypriotes y viennent le dimanche. Les municipalités plafonnent le prix des transats officiels à 2,50 euros la journée sur toute la côte. Konnos Bay demande un peu plus d’efforts pour y descendre par une petite route en lacets. C’est une crique étroite protégée par des falaises couvertes de pins et l’eau y est souvent parfaitement plate. La petite guinguette rudimentaire en haut des marches sert un café frappé très correct.

La rue des bars

Le centre-ville change brutalement de visage vers 22 heures. Les rabatteurs distribuent des flyers pour des offres de boissons deux pour le prix d’un sur la grande rue Ayias Mavris. Les gros clubs ouvrent plus tard dans la nuit et font venir des DJ de toute l’Europe. L’ambiance musicale varie d’un bout à l’autre de l’avenue. Certains blocs passent de la techno lourde. D’autres enchaînent les pubs britanniques qui diffusent les matchs de Premier League sur des écrans géants posés en terrasse. C’est bruyant, totalement assumé et extrêmement bien organisé pour absorber des milliers de personnes chaque soir sans que la logistique ne craque.

Le Cap Greco et la ligne de démarcation

Prenez la route vers l’est pour sortir de la ville en direction du Cap Greco. C’est un parc national sans vraies zones d’ombre. La randonnée à midi au mois d’août est une très mauvaise idée. Beaucoup de gens louent un buggy pour rouler sur les pistes de terre jusqu’aux grottes marines. Les falaises tombent directement dans l’eau, un paysage aride qui s’étire sur des kilomètres sans la moindre construction. Plus au nord, à environ 25 minutes de route, la ville de Famagouste offre une toute autre atmosphère. Le quartier de Varosha est resté bouclé par l’armée turque depuis 1974. Vous pouvez maintenant passer le point de contrôle à pied pour marcher dans les rues désertes entre les hôtels en ruine. N’oubliez pas votre passeport pour le passage.

Transports et détails pratiques

Les bus locaux OSEA sillonnent la route côtière toute la journée. La ligne 101 va vers l’est et la 102 fait le trajet inverse. Un billet simple coûte 1,50 euro directement auprès du chauffeur. Prévoyez de la petite monnaie, ils détestent rendre la monnaie sur des billets de 20. Louer un scooter donne beaucoup plus de liberté pour chercher des criques non desservies. Pour manger, les immenses tavernes touristiques du centre s’enchaînent les unes après les autres. Cherchez plutôt les restaurants un peu en retrait qui servent un vrai meze chypriote. C’est une longue série de petits plats chauds et froids qu’on partage. Les calmars frits et le halloumi grillé finissent toujours par arriver sur la table au milieu du reste.