La plaine de la Mésorée emmagasine la chaleur. En plein mois d’août, le thermomètre frôle facilement les 40 degrés dans les rues de Nicosie. La rivière Pedieos qui traverse la ville est d’ailleurs à sec une bonne partie de l’année. C’est la seule capitale européenne encore divisée par une zone militarisée. La fameuse Ligne Verte coupe la cité en deux depuis 1974. Des fûts métalliques peints en blanc et des sacs de sable bloquent soudainement le bout d’une ruelle commerçante. On s’y habitue très vite. Les habitants boivent leur café frappé à dix mètres des barbelés sans y prêter la moindre attention.
Le passage de la rue Ledra
Vous marchez au milieu des enseignes internationales et des terrasses bondées. Et soudain, la rue piétonne bute sur des guérites de contrôle. Il vous faut un passeport ou une carte d’identité pour franchir ce checkpoint. La procédure prend deux minutes. Vous traversez ensuite un no man’s land d’une cinquantaine de mètres géré par l’ONU. Les bâtiments y sont figés dans le temps, la végétation a repris ses droits sur les façades criblées d’impacts et les volets pendent dans le vide.
Du côté nord, l’ambiance sonore change. Les prix s’affichent en livres turques. Vous pouvez payer en euros presque partout. Les commerçants vous rendront simplement la monnaie en devise locale. Acheter une bouteille d’eau au premier kiosque est le moyen le plus simple d’obtenir de la petite monnaie pour la journée.
Se perdre dans les ruelles du centre ancien
Les remparts vénitiens forment un cercle parfait autour de la vieille ville. À l’intérieur, le plan des rues défie toute logique. Le quartier de Laïki Geitonia concentre les maisons traditionnelles aux balcons de bois. Beaucoup de voyageurs s’arrêtent ici. Continuez un peu plus loin vers la rue Trikoupi pour trouver des tavernes fréquentées par les locaux. Chez Zanettos, le menu meze est fixe et les assiettes s’enchaînent jusqu’à ce que vous demandiez grâce. Prévoyez environ 22 euros par personne.
La cathédrale orthodoxe Agios Ioannis passe presque inaperçue de l’extérieur. Ses murs intérieurs sont pourtant recouverts de fresques du XVIIIe siècle. De l’autre côté de la ligne, la mosquée Selimiye domine le paysage urbain. Il s’agit de l’ancienne cathédrale gothique Sainte-Sophie, flanquée de deux minarets ajoutés par les Ottomans. Les travaux de restauration récents limitent parfois l’accès à la salle de prière principale.
La ville en dehors des murailles
La Nicosie moderne s’étend loin des zones touristiques. L’avenue Makariou a été entièrement repensée pour les piétons. C’est là que se concentrent les boutiques de créateurs et les cafés de spécialité où un espresso coûte 3,50 euros. Les Chypriotes adorent sortir boire un verre en fin de journée.
Le trafic automobile devient chaotique vers 17 heures. Les ministères ferment leurs portes et tout le monde rentre chez soi en même temps. Évitez de prendre le volant à ce moment précis. Si vous cherchez un peu de verdure, le parc forestier d’Athalassa offre des pistes en terre battue très populaires le dimanche matin, bien que l’ombre y soit rare en plein été.
Logistique et déplacements
Beaucoup de voyageurs font l’aller-retour depuis la côte sur une seule journée. C’est une erreur. Nicosie demande au moins deux jours pour comprendre sa géographie particulière. Les bus Intercity relient Larnaca ou Limassol à la capitale pour 4 ou 5 euros le trajet. L’arrêt final se fait sur la place Solomou, juste au pied des murailles.
Si vous louez une voiture dans le sud de Chypre, votre contrat d’assurance ne vous couvre pas au nord. Vous devrez souscrire une assurance au tiers spécifique à la frontière qui coûte une vingtaine d’euros. Cette assurance de base ne couvrira pas les dommages à votre propre véhicule en cas d’accident de votre fait. Le plus simple reste de garer votre voiture de location dans les parkings municipaux géants situés dans les anciennes douves. Le parking d’Ochi D’Avila facture environ 3 euros la journée. Vous passerez ensuite la ligne verte à pied sans vous soucier de la paperasse.
