Limassol
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Limassol historique : Kourion, Kolossi, Apollon Ylatis et la Galerie d’Art

La route qui sort de Limassol vers l’ouest longe la mer avant de s’enfoncer dans des terres plus sèches. Oubliez les bars du front de mer pendant quelques heures. La région abrite des ruines antiques majeures qui demandent peu de temps de trajet. Vous roulez quinze minutes depuis le centre et vous tombez sur une forteresse des Croisés au bord de la route. Et un peu plus loin se dresse une cité romaine entière face à la mer.

Le site archéologique de Kourion

Le vent souffle presque toujours sur ce promontoire calcaire. Kourion domine la Méditerranée depuis une hauteur vertigineuse. Le théâtre antique attire le plus de monde avec ses gradins en demi-cercle tournés vers l’eau. Asseyez-vous sur la pierre chaude. La vue est immense. En marchant vers la Maison d’Eustolios, on remarque tout de suite les mosaïques au sol. Elles protégeaient des thermes romains dont le système de chauffage par le sol reste visible sous des passerelles en bois.

Prévoyez une bonne heure pour marcher jusqu’à la basilique paléochrétienne en ruine située à l’autre bout de la falaise. Le soleil tape fort sur les blocs de pierre blanche vers 14 heures, rendant la réverbération assez brutale en plein été.

Le donjon de Kolossi

Construit au milieu d’anciennes plantations, ce grand bloc carré servait de base aux Chevaliers de Saint-Jean. L’escalier en colimaçon pour monter sur le toit est étroit. Très étroit. En haut, on aperçoit les champs d’agrumes actuels et les restes d’une ancienne usine à sucre médiévale en bas. Les chevaliers géraient la production locale de sucre et l’exportation du vin doux de Commandaria.

La visite de l’intérieur se fait rapidement car les pièces sont vides. Le parking en terre battue juste devant compte souvent un camion vendant des oranges pressées à 3 euros le grand gobelet.

Le sanctuaire d’Apollon Ylatis

Les fouilles archéologiques ont mis au jour un vaste complexe religieux dédié au protecteur de la région. Quelques colonnes ont été redressées parmi les pins. Cela donne une idée précise de l’échelle du temple principal. Les pèlerins venaient ici pour des rituels spécifiques liés aux bois environnants.

Le tracé des rues antiques sépare les anciens bains publics de l’enceinte sacrée. C’est un endroit calme. Les grands cars de touristes s’arrêtent souvent à Kourion sans pousser jusqu’ici, ce qui laisse les ruines aux voyageurs indépendants.

La galerie d’art municipale

Retour dans le centre-ville. Le bâtiment se trouve sur la rue 28 Oktovriou et offre une pause climatisée bienvenue après la poussière des fouilles. Les salles exposent des peintres chypriotes contemporains et modernes. On y trouve beaucoup de toiles de Victor Ioannides.

La collection permanente illustre l’évolution politique de l’île au siècle dernier à travers l’art visuel. L’entrée est gratuite le mardi après-midi pour tous les visiteurs.

Ce qu’il faut savoir avant de partir

Le Département des Antiquités modifie ses horaires de fonctionnement selon un cycle estival et hivernal. En règle générale, les sites antiques de la région ouvrent tôt le matin et ferment plus tard pendant la haute saison. L’hiver raccourcit drastiquement ces journées. Vous devez vérifier les heures exactes d’ouverture de la semaine en cours sur le site officiel du gouvernement chypriote avant de monter dans la voiture. Les anciens guides de voyage impriment souvent des horaires fixes qui ne s’appliquent plus aujourd’hui.

L’accès à chaque monument coûte entre 2,50 et 4,50 euros. Les guichets acceptent la carte bancaire. Mais le terminal de paiement lâche parfois à Kolossi à cause de l’épaisseur des murs de pierre. Prenez quelques pièces avec vous. L’absence d’ombre sur la majorité des ruines rend la visite pénible sans chapeau ni grande bouteille d’eau, surtout entre juin et septembre.