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Chypre côté villages : Lempa, Latsi, Liopetri et le massif du Troodos

Les guides touristiques détaillent largement la vie urbaine et les grandes stations balnéaires de l’île. Si vous cherchez la véritable identité de Chypre, il faut prendre la route vers l’intérieur. Les voies se rétrécissent vite. La location d’une petite voiture à boîte manuelle permet de faire de belles économies, les modèles automatiques étant souvent surfacturés de trente ou quarante pour cent en haute saison. En altitude, les températures redeviennent supportables et les façades modernes laissent place à la pierre sèche.

Lempa et les maisons rondes

Le site archéologique local se trouve sur un terrain herbeux poussiéreux. Des archéologues ont reconstitué ici des habitations chalcolithiques vieilles de 5000 ans. Ce sont des structures circulaires extrêmement basiques. Et juste à côté, on tombe sur le Cyprus College of Art. Le contraste visuel est assez fort. Des sculptures contemporaines faites d’objets de récupération encombrent les ruelles. Les ateliers de création débordent souvent sur les trottoirs étroits. Les jeunes artistes boivent leur café frappé à quelques mètres seulement des ruines de l’âge de cuivre.

Latsi en bord de mer

Ce port de pêche rattaché à la commune de Polis échappe à la folie immobilière du sud de l’île. C’est le point de chute le plus pratique pour poser ses valises avant d’explorer la péninsule d’Akamas. Les petites tavernes alignées sur le quai servent directement la pêche du matin. Une belle assiette de poulpe grillé tourne autour de 16 euros. Après le déjeuner, vous pouvez marcher vers les sentiers rocailleux de la réserve naturelle ou louer un zodiac à moteur pour rejoindre la crique très isolée de Fontana Amorosa.

L’artisanat brut de Liopetri

Dans l’est de l’île, plusieurs familles fabriquent encore des paniers agricoles particulièrement robustes. Les artisans travaillent le roseau directement dehors, souvent assis sur de vieilles chaises en plastique. La Maison de la Vannerie documente cette production manuelle avec des archives photographiques de la région. À une courte distance en voiture se trouve Potamos Liopetrou. C’est un long estuaire naturel rempli de petites barques de pêche traditionnelles peintes en bleu qui rentrent très lentement au port en fin de journée quand le vent tombe enfin et que les équipages fatigués démêlent leurs filets directement sur la rive pierreuse.

La fraîcheur du massif du Troodos

Le thermomètre perd facilement cinq ou six degrés dès qu’on attaque les premiers lacets de la montagne. Ça fait un bien fou en plein mois d’août. Chaque village du massif s’organise autour d’une production agricole ou artisanale bien définie. Certains cultivent les cerises. D’autres produisent du vin local ou travaillent le bois. En fin d’après-midi, les habitants sortent simplement une chaise devant leur porte d’entrée pour observer la rue. Quelqu’un finira souvent par vous proposer un verre d’eau glacée ou une assiette de fruits confits si vous marchez dans le secteur.