Limassol
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Le vin à Limassol : Kolossi, Commandaria et villages des montagnes

4000 ans de vignes

La production de vin à Chypre approche les quatre millénaires. C’est long. Les auteurs antiques en parlaient déjà abondamment dans leurs textes. Aujourd’hui, la région de Limassol concentre l’essentiel de cette activité agricole. Oubliez les grandes étendues planes. Les parcelles grimpent directement sur les contreforts du massif du Troodos. La chaleur de l’été tape fort sur la côte. En montant un peu sur le réseau de routes secondaires, l’air devient respirable et les vignes de cépages locaux trouvent l’amplitude thermique dont elles ont besoin.

L’origine du Commandaria

Les Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean ont pris leurs quartiers au XIIe siècle dans une forteresse carrée à l’ouest de la ville. Ils ont structuré la production locale d’un vin doux. Ils l’ont baptisé Commandaria d’après leurs propres commanderies territoriales. Ce nom figure toujours sur les étiquettes. Il s’agit de la plus ancienne appellation d’origine au monde encore utilisée. Le château de Kolossi se visite sous un soleil souvent de plomb. Les murs de pierre épaisse gardent un peu de fraîcheur au rez-de-chaussée. Juste à côté se trouve le musée du vin d’Erimi. On y voit clairement comment ce vin ambré a survécu à tous les changements d’empires qui ont secoué l’île.

Les producteurs de la montagne

Les immenses cuves en béton des anciens producteurs industriels marquent encore l’arrière du vieux port de Limassol. Mais l’intérêt se trouve plus haut en altitude. Une nouvelle génération a repris les terres familiales au cours des années 1980 en misant sur le Mavro pour le vin rouge et le Xynisteri pour le blanc. Vous devez prendre la route B8 qui monte vers les montagnes pour trouver ces petites exploitations. Le trajet comporte beaucoup de virages aveugles. On s’y arrête pour goûter la production récente avec quelques olives et du pain sec posés sur une table en bois, pendant que les vignerons parlent longuement des défis liés à la rudesse du sol rocailleux.

Omodos, Koilani et la route B8

Omodos attire énormément de monde avec son grand monastère et ses ruelles pavées. Y aller tôt le matin aide à éviter les bus de tourisme. D’autres villages viticoles voisins comme Koilani, Arsos ou Pelendri restent beaucoup plus calmes en plein milieu de la semaine. Vous trouvez là-bas des caves qui travaillent sans le passage continu des visiteurs d’un jour. Les vignes poussent sur des terrasses raides soutenues par des murets de pierre. Le stationnement dans ces vieux villages exige souvent de manœuvrer très serré au milieu d’habitations denses.

Ce qu’il faut prévoir avant de monter

Les grilles des domaines ne sont pas toujours ouvertes pour les voyageurs de passage. Il faut téléphoner à la cave la veille de votre trajet pour confirmer qu’il y a quelqu’un de disponible. Une fois sur place, l’explication des méthodes de vinification et la dégustation prennent facilement une bonne partie de l’après-midi parce que le rythme local ne se prête pas aux visites express. Les routes redescendant vers la côte demandent toute votre concentration au volant. Louer une petite voiture automatique vous évitera de jouer avec l’embrayage dans les pentes à fort pourcentage de Pelendri. Et si vous venez en septembre ou octobre pour la saison des vendanges, attendez-vous simplement à rouler lentement derrière les camions chargés de raisin qui ralentissent la circulation sur la B8.